Végé

L’odeur âcre de l’animal pas tout à fait propre. Le souvenir de la première rencontre, observation d’un porc ‘dans la nature’. Avais-je 7 ans déjà ?

Mon premier étonnement – la taille de la bête. Elle m’impressionne mais j’ai envie de l’apprivoiser. Après tout, les porcelets que j’avais vus sur images, dans les films étaient si mignons.

Et la remarque de la propriétaire de l’omnivore, que je devrais faire attention en le nourrissant car il pouvait me croquer les doigts avec la feuille que je lui donne….J’en reste perplexe mais je fais attention.

La scène avait lieu pendant nos vacances d’été, dans une bourgade – Ustronie morskie au bord de la mer Baltique  en Pologne. Quelques années plus tard, dans le même village, dans une autre cour, j’ai vécu un moment tragique, ancré dès lors dans ma mémoire en forme d’une semence qui a germé en une attitude ; j’ai entendu un cri de panique d’un porc condamné à mort infligée en direct, de l’autre côté du mur, dans la cour voisine. Mon imagination et l’intuition d’enfant ont fait le travail le plus sensible. Ma mémoire a scellé l’événement. A partir de l’âge de l’indépendance je suis devenue végétarienne.

Le questionnement, de ma famille proche, lointaine, des amis et des nouvelles connaissances sur ces motifs d’une « âme sensible » à la question animale, n’envisage pas une logique la plus pure des toutes – un être évolué que l’homme est, devrait-il souiller son honneur en se régalant de la chair d’un être doué de sensibilité et parfois d’une intelligence surprenante ? Et pas seulement son honneur – mais surtout sa conscience….  S’il le fait c’est qu’il a menti à sa conscience et à son coeur.

« J’ai abandonné la pêche le jour où je me suis aperçu, qu’on les attrapant les poissons ne frétillaient pas de joie » -dixit Louis de Funès.

Dans leur livre ‘Fit for life’ (en français ‘Le régime Fit for life’) Harvey et Marilyn Diamond portent leur réflexion sur la réaction instinctive d’un humain en promenade dans la nature face à un écureuil croisé et des fruits se présentant au bord du chemin. Ira-t-il poursuivre l’animal pour le croquer sur place ou se laissera-t-il tenté par les fruits appétissants même si son estomac ne crie pas de faim ?  Il s’agit donc de ne pas manger avec sa tête mais avec son instinct et son goût qui, certes, peut être perverti par des années ou des dizaines d’années d’accoutumance et qu’il faudra purifier par un retour à l’alimentation plus appropriée.

Réflexions ‘tirées d’un sac’ tout en regardant ce camion roulant devant moi transporter des porcs à l’abattoir. Tant de lectures, pensées, démarches pour être sûre de mon choix mais sans jamais regretter le goût de la viande ou du poisson. Sans doute, étais-je cette « chanceuse », qui a réussi à se libérer d’une manière de vie lui imposée à la naissance et qui n’a pas été la sienne, assez facilement. A chacun sa vie, à chacun sa voie. Ce qui compte dans la vie c’est avancer.

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