Là bas

Je n’ai pas encore déballé mon sac.

Mon petit sac à dos quetchua de Décathlon  contient encore du sablé de Ilha Grande et un coquillage de la plage de Pinheiros. Il porte aussi un petit sac à bandoulière de Marimekko, ma marque finlandaise préférée, léger et résistant, si petit qu’il est facile de le tenir près de sa taille, sous le bras. Parce qu’on a été prévenu pour les sacs à main au Brésil…

« A que moment serais-je blasée par les paysages de Brésil et par sa différence ? Cela fait maintenant  8 jours que nous voyageons. Nos yeux et nos têtes sont remplis d’images et d’impressions ».

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Nous sommes rentrés il y a trois mois et les images du Brésil sont toujours aussi vivantes. Je me pose la question si mes ressentis changent au fur et à mesure que la date du retour se fait lointaine ; le Brésil me manque-t-il, le Brésil commence-t-il à me manquer ? Je me sens épuisée par l’hiver et le froid, par le manque de soleil et par le confinement. Je me rappelle le ‘froid’ ressenti un après midi à Ilha Grande, le jour où ils sont presque tous partis escalader le Papagaïo et quand Marilena est entrée dans la cuisine et me voyant préparer un thé a commenté ‘Està frio’. Ce froid était une brume humide et peu tiède mais loin de ce que je ressens le matin à 7h30 en sortant dans ma cour ventée et noire de nuit.

Si les images de mata atlantica sont toujours aussi colorées et joyeuses dans ma mémoire celles de Sao Paulo sont plus tristes, je crois, que ce que mes yeux ont vu.                              « La dernière séquence – Sao Paulo – fut pénible et dérangeante. Cette grisaille, cette déchéance. La comparaison de Charles avec « Walking dead » me semble si juste. Mais en croisant les sans abris mon coeur se serrait et mon ventre me faisait mal. Passage hier soir dans la rue voisine – un homme couché sur le trottoir, couvert d’un sac plastique noir jusqu’à la tête, ses pieds nus noirs de saleté dépassant sur le béton. Triste constat choquant ma sensibilité. Enregistrement de l’image. Passage ce matin au même endroit – décharge électrique – l’homme est couché dans exactement la même position. Arrêt sur l’image d’hier et un cri qui déchire mon coeur – mais est-ce possible ; personne ne l’a vu ? Combien de temps va-t-il rester là avant que quelqu’un s’aperçoive ? Ou peut être qu’ils se sont aperçus mais l’image est tellement normale, quotidienne dans cette réalité  que personne ne réagit ?  Plus loin, partout où nous allons, nous rencontrons des corps enveloppés de couvertures grises feutrées, posés négligemment  sur les bancs des squares, sur les podiums des statues, au ras des trottoirs. Et je me rappelle les cris, les chahuts, les rires cynico-colériques  de la nuit dernière en bas de notre hôtel – ceux qui faisaient la fête récupèrent à présent. »

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Un petit message facebookien de notre famille brésilienne fait tant de bien  – des sourires et des baisers, un bonjour à transmettre à toute la famille en France. Joie et légèreté affichées, profitons des bons moments de la vie, sans frustration, dans l’attitude décontractée, dans la plénitude. Mais que manque-t-il donc dans notre vie tant qu’elle est là ?

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