Le South Downs way

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Au cœur de l’hiver, quand les soirées sont longues, le souvenir des jours ensoleillés revient en réparation. Aujourd’hui je reviens sur notre randonnée de dix jours dans le parc national de South Downs en Angleterre en fin d’été. Des moments inoubliables…

Épilogue :
Comme une devise de vie je garde la pensée apparue lors de ces pérégrinations – le rappeler toujours de me poser la question : ‘Qui suis-je’ dans chaque situation de vie – quand je parle à quelqu’un, quand je me juge, quand je cherche à être, face à mes proches, en travaillant. Qui suis-je  et Qu’est-ce que je joue ?

Sur le retour en France :
Le but premier de notre randonnée était notre attrait pour le Parc national des South Downs pour sa beauté et son côté sauvage. Nous nous sommes aussi lancé un défis – marcher pendant 10 jours à raison de 15 à 20 km par jour, sans trop d’entraînement.

Nous avons profité grandement du calme et de nombre réduit de marcheurs en semaine. J’ai apprécié d’observer et de ressentir les revêtements divers sous mes pieds – de l’herbe douce, rasée par les pieds des moutons et des marcheurs, devenue comme de la mousse, aux tracts caillouteux qui massent la plante de pied à travers les chaussures. Dans mes yeux, les endroits boisés sont redevenus le théâtre d’une architecture minutieusement élaborée, les branches et les feuilles vivantes, remplaçant la perception globale d’une verdure chaotique.

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L’observation de mes états intérieurs et mon attention se sont aiguisés. Nous avons appris que le chemin des South Downs était dans son histoire un chemin de parcours religieux comme celui de Compostelle.

Nous n’avons pas été déçus par la beauté, parfois simple et brute du parc. Il est aussi très bien entretenu, par des volontaires. Les nombreux chemins annexes sont bien indiqués et classés (le chemin principal est unique et se divise à la hauteur d’Alfriston). Alfriston, Eastbourne et Winchester sont les seules communes où le chemin principal entre directement dans l’agglomération.

J’ai été touchée par l’attention que les Anglais portent à leurs compagnons à quatre pattes. J’ai vu beaucoup plus de chiens promenés sur une longue distance que dans la campagne française. Il n’est pas rare de voir des gamelles d’eau laissées devant des maisons pour les chiens de passage. Tous les pubs acceptent les chiens avec leurs propriétaires et leur offrent de l’eau et parfois des croquettes. Le ramassage des excréments canins est strictement réglementé même dans la nature, à l’intérieur du parc. L’explication du fait est logique – éviter la prolifération des parasites.

J’ai beaucoup aimé les jardins anglais et les abords des maisons, soignés, colorés, parfois romantiques. Je compte m’en inspirer. Et une chose encore – le respect des espaces verts et leurs maintien invitent les oiseaux, des écureuils, des renards, des blaireaux jusque dans les jardins des quartiers, pourtant bien serrés, des petites villes. Pour moi cette cohabitation et le respect de la nature est l’expression d’une conscience aiguisée et d’une sensibilité. Montre-moi ton pays, je te dirais qui tu es …

Jour 1

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Le slow life commence. Le départ de #Brockwood Park School à Bramdean où le dernier tri des nécessaires a duré quelques bonnes minutes.

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Sur le chemin encore souvent des fermes, des maisons. En arrivant à West Meon j’ai la sensation que nous allons rencontrer S. chez qui nous avons loué une chambre en décembre dernier. Nous nous arrêtons à l’épicerie du village pour les dernières emplettes and here she is. Trop marrant. Elle ne s’y attendait pas.

Le chemin est long. C’est une marche contemplative, detox, de sport, en couple. Nous testons : mes superbes chaussures de marche #merrell – merci au passage au vendeur de la boutique Gosport à Angers pour le conseil. Elles sont faites pour mes pieds. Nous testons aussi la bouteille filtre – #Watertogo Switzerland. Pour l’instant avec l’eau de robinet – très efficace à enlever le goût de chlore. Et en troisième position – les sacs à dos #Lafuma. Très bon choix. Ma pratique de portage de bébé m’aide pour le positionnement efficace de mon sac – soulager les épaules, soulager les hanches et les genoux, moins sentir le poids.

Nous repassons par le chemin où, en nous baladant il y a un an, nous avons décidé de faire ce parcours. L’arbre majestueux multibranche est toujours là.

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L’arrivée vers notre hôtel après 5h de marche et 16km parcourus est un soulagement. La chambre anglaise cossue, tout confort et garnie d’attentions nous apparaît tel un palais flottant. Mais quelle journée merveilleuse ! La douche chaude est un luxe qui s’apprécie.

‘Je voudrais revenir à ces moments de grâce lors de mes voyages exotiques – observation des palmiers décoiffés par le vent, des passages d’air sur les feuilles des lianes dans les forêts tropicales, des rayons de soleil lancinant à travers les feuillages denses. Ici les paysages sont connus ou presque connus et de ce fait – moins exaltants. Raison de plus de se contenter de ce qui est donné et directement accessible. Il ne faut pas oublier que je suis seulement à 300km en vol d’oiseau de ma maison.’

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Jour 2

Le soleil n’est pas au rdv mais nous partons avec la joie au cœur. La detox a commencé – ma peau est douce et lisse. J’ai mal aux hanches ce matin mais je me sens bien dans ma tête. Au début du parcours encore beaucoup de présence de la civilisation moderne. A partir du 3ème km nous entrons dans la forêt. Nous sommes partis sciemment sans nous charger du repas de midi pour alléger nos sacs. Ils nous reste quelques produits emportés de la maison et nous comptons sur notre bonne étoile pour trouver sur le chemin quelque chose à nous mettre sous la dent. Je voudrais faire de ce parcours un temps de ‘moins de’ dans toutes les sphères de vie touchées par le gaspillage.

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J’observe la nature lors de notre marche – pommes sauvages, mûres, noisettes, pissenlits, plantain, trèfle sont là si la nourriture devrait drastiquement manquer.  Arrivée près de Buriton, en croisant une maison isolée, une surprise – on a déposé près du chemin une table avec de l’eau et des verres et une belle assiette avec des parts de flapjack contre une pièce d’un livre sterling. Quelle belle idée. Nous faisons la course pour le lunch et laissons un mot de remerciement. Il s’en suit une discussion sur l’importation et l’implantation de l’idée chez nous, avec tous les obstacles et les souvenirs des tentatives semblables.

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Nous passons The Harting Down – une partie très pittoresque et dépaysante qui me restera en souvenir des meilleurs moments. Wuthering heights. La flore a changé – les endroits préservés des moutons sont pleins de fleurs multicolores.

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Je mise sur la confiance en mon corps et ses possibilités. Illimitées ? Avant le lunch je m’effondre tout de même pour une sieste méditative sur la douce prairie épargnée des museaux pâturants. Je comprends que le manque de carburant affecte mes performances. Le flapjack descend tout seul, accompagné de quelques noix et un petit carré de chocolat noir. Une pastille de vit C 1000 par dessus. Je crois que c’est ça qui change la donne. Le trajet de l’après midi me paraît plus facile malgré les ups and downs. Plus tellement mal aux hanches. Ce sont juste les ampoules grandissantes – malgré mes chaussures fabuleuses (si, si) – qui m’embêtent.

Je pense à ceux qui ont dû endurer des périples imposés par l’histoire et la politique et à ceux qui les font toujours. Par nécessité. Nous c’est pour le plaisir…

Pour la nuit nous nous retrouvons dans un cottage genre ‘tiny house’ où je peux toucher le plafond de ma main étendue au dessus de ma tête. Le dîner est bien sûr végétarien et délicieux. 34 600 pas fait. La vie est simple.

Jour 3 journée des animaux

En sortant du village de Cocking, où nous avons passé la nuit à Moonlight cottage,  nous rencontrons une volée de poules faisanes. Craintives elles s’enfuient devant nous mais elles sont partout. Ce n’est pas la première fois qu’on en rencontre tant mais cette fois-ci nous découvrons qu’on leur laisse de l’eau à boire. Plus tard nous verrons aussi qu’on les nourrît. Je me demande si l’Angleterre comporte autant de chasseurs que la France et j’espère que non … En continuant nous croisons un chevreuil qui nous tourne le dos à 50m de nous – sensation de sa puissance et de sa grâce quand ses pattes chevalesques le portent dans son élan. Plus tard nous en verrons un autre sortir d’un champs de maïs et traverser juste devant nous.

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La journée est plutôt nuageuse et ça m’embête pour la prise des photos. Je constate tout de même que les arrêts répétés me déconcentrent dans mon rythme de marche et j’ai du mal à concilier l’envie de mémoriser les étendues impressionnantes et les arbres imposants et suivre la dynamique de la marche.

Nous traversons une partie habitée à l’âge de bronze avec des monticules funéraires témoins de l’époque. Vue Impressionnante quand elles se trouvent rassemblées sur un terrain plat et dégagé.

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Les paysages sont soit dignes d’un parc national – sauvages ou modelés de la main humaine en champs bicolores verts et jaunes qui forment des mosaïques au loin. C’est très pittoresque.

C’est un week-end nous croisons beaucoup de marcheurs, promeneurs de chiens et cyclistes. La quantité de promeneurs de chiens est impressionnante. Est-ce que les gens sortent leurs chiens en promenade longue distance ou est-ce qu’ils profitent pour promener leurs chiens parce qu’ils font la grande balade de week-end ?

Nous découvrons également l’animal emblématique des South Downs – le mouton et ses différentes races. Alain tente une approche directe qu’il réussi uniquement avec des individus protégés par la clôture.

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Le soir, toutes les ampoules allumées, nous arrivons à Bury chez Carole et s’est un soulagement après les 31 844 pas de la journée.

Jour 4

Avant le départ ce matin une selfie devant la maison de John Galsworthy, celui de la Dynastie des Forsyte, qui habitait Bury les sept dernières années de sa vie. J’ai bien aimé la série quand j’étais enfant et c’est une surprise de trouver sa maison – Belle et imposante- ici.
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Notre séjour chez Carol à Harkaway était superbe. Je recommande son bed & breakfast. Carol est accueillante et chaleureuse, a la parole facile et nous avons partagé de bons moments. En végétarienne confirmée elle nous a proposé le petit déjeuner anglais version sans viande et j’ai pu changer mon avis sur les saucisses végétales.

Nous marchons en silence aujourd’hui et je me discipline pour les photos pour ne pas perdre mon rythme. Une récompense de taille nous attend à l’arrivée – a day off ! – une journée repos ! Mais il faut y arriver – presque 20km de traversée.

Les paysages sont panoramiques. À droite la vue sur la mer, maintenant plus proche – nous sommes au niveau de Brighton et apercevons la grande ville blanche en contrebas. De côté gauche la vue sur des vallées et des collines des North Downs. Magnifique. Le nombre de promeneurs le confirme.

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Je connecte de plus en plus avec ce que je vis dans mon fort intérieur et je comprends maintenant que ce qui revient comme des faits historiques de ma vie sont mes blessures et mes schémas de penser. D’un côté, une partie de la mémoire des blessures de mes parents qui apparaît en forme de préoccupation et de compassion. De l’autre côté, mes blessures personnelles en forme de l’anxiété. Je sais ce que je dois faire – ‘relax and let go’ est la meilleure méthode même si le schéma est répétitif et tente de forcer le chemin. L’attention est ma meilleure amie.

Par ailleurs, je me rend compte que tous les ‘jeux’ que nous jouons, que ça soit en couple ou dans d’autres situations, qui me dérangent et me désorientent, résultent du stress ou du surmenage. Le stress étant l’expression de la pression du temps bien rempli ou celle des schémas d’action face aux stimulations.

A force de marcher, de respirer, de détoxifier ma pensée devient plus claire et ma mémoire plus vive. C’est une de mes victoires sur la condition physique et je la note.

Steyning est très loin ce soir-là. Je me sens épuisée en arrivant et je préfère de ne pas sortir pour le repas du soir. Nous mangeons nos faibles restes – des crackers et des noix arrosés d’une tisane. Mais demain sera un jour sans marche et nous pourrions aussi bien remplir nos estomacs.

Journée 5

Jour de repos et la découverte de la ville de Steyning où nous sommes hébergés chez Alex et Keith. Nos hôtes ont des poules et des cannes alors la journée commence par une dose d’œufs brouillés sur pain grillé. Pas mal pour tenir jusqu’au lunch que nous avons prévu en ville.

Steyning est petit mais pittoresque avec son centre rempli d’historiques tiny houses. C’est typique et mignon partout. Certains sont transformés en établissements particulièrement anglais comme ce café des amis aux quatre pattes. Nous ne regrettons pas de nous arrêter dans #Cobblestone tea room pour un dessert amélioré à l’occasion de la fête d’Alain.

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Il pleut et nous reconnaissons bien les marcheurs de South Downs en visite à Steyning – ils ont des visages tannés et portent des vêtements anti pluie des pieds à la tête. La journée est ponctuée par des moments de repos allongé, des relaxations, un auto massage des jambes, une douce balade dans les environs et un échange sympathique avec Alex et Keith. Notre anglais resplendit.

Jour 6

J’ai parcouru la journée 4 en sandales tellement mes ampoules me faisaient mal. Après le jour de repos je démarre en chaussures de marche et j’ai l’impression d’avoir de jambes neuves. Mes ampoules n’existent plus.

De Bramber nous grimpons à Upper Beeding ce qui est une exception – habituellement il n’y a pas de villages sur les collines. Cette fois-ci il y en a un avec un hameau sur la crête ; plusieurs antennes, qui gâchent la vue, et une auberge de jeunesse avec un café. Nous décidons de nous y arrêter pour une pause ravitaillement et elle sera de taille. Nous rencontrons G., un ancien activiste d’une organisation de protection de l’environnement, et il a beaucoup de choses à nous partager. Nous passons un moment intéressant, long et instructif.

Par ailleurs les paysages sont de nouveau panoramiques. Le ciel est démesuré, les nuages touchent le sol, les courbes, les rings, les collines, les arbres en constante décoiffe sont dépaysants. Il y a juste trop de pylônes et de fils de haute tension.

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Au final, nous arrivons à #Devil’s dyke, une jolie plaine garnie de nouveau d’un café, de ses visiteurs en voitures de sport de tous genre et de parapentistes en vol gracieux. Le parcours nous semble court – 19 770 pas environ 12km. Nous descendons à Poynings chez Jill pour la nuit.

 

Jour 7

‘Quand tu marches dans la nature et tout d’un coup tu rencontres sur ton passage  une autoroute tu te rends compte combien nous vivons vite.´

Le ciel a couleur du zinc, il crachouille et il y a du vent. Nous quittons la maison de Jill à Poynings, après un petit déjeuner sympa, un pique-nique préparé avec soin et un échange matinal sur la vie, les questions climatiques et la politique.

Il ne fait pas froid mais le vent est moite et pas très agréable. Une fois sur la colline ça se gâte. Quand nous avons le vent dans le dos il nous pousse. En changeant de direction il vient de côté et il nous fouette. A force de marcher nous avons chaud et transpirons mais le vent nous refroidit et ne nous permet pas de quitter nos vestes. L’horizon est sous la vapeur, les collines – voilées. Les couleurs restent vives, le vert prédominant. Par endroits les champs labourés émerisent dans leur couleur brune qui fait un joli contraste au vert.

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Nous nous arrêtons pour le repas de mi journée dès que nous trouvons un bosquet qui nous abrite du vent. Nous tentons une sieste mais nous nous refroidissons trop vite. Cette journée est longue, presque 20km à parcourir et ces conditions très exigeantes. Mais les Anglais, tellement sympas… Ceux qui nous hébergent la nuit suivante nous proposent de nous arrêter pour le repas du soir au pub sur le chemin où ils viendrons nous chercher en voiture une fois qu’on a fini. Ça nous arrange vraiment ! 35 815 pas plus loin nous savourons un thé aux fruits à #the Juggs et méditons sur la vie comme elle va dans un pub anglais – charmant, chaleureux, et expressif de vie face au climat capricieux.

Jour 8

La veille, Sam est venu nous chercher en voiture à the Juggs et nous a emmené chez lui et Irene, notre maison pour la nuit dernière. Devant une tasse de camomille nous échangeons sur nos vies et sur notre randonnée. Irene et Sam sont comédiens, artistes, voyageurs et sensibles à la spiritualité et au bouddhisme. La veille au soir, dans notre chambre chez Jill, nous écoutions un enseignement de Sadhvi Bhagawati Saraswati de l’ashram Parmarth Niketan à Rishikesh et une phrase nous marque. Nous l’entendons ce soir de nouveau de la bouche d’Irene – ‘Il n’est pas important ce que tu fais dans la vie, il est important ce que tu fais de ta vie’. Ça fait du bien de rencontrer dans un pays qui n’est pas le sien des gens avec qui on est sur la même longueur d’ondes.

Après une bonne nuit le jour 8 est plus clair et le soleil nous fait coucou de temps en temps. Ayant quitté Irène et Sam après le petit déjeuner nous faisons une brève visite à Virginia Woolf à Rodmell mais ça maison est fermée, nous ne pourrions pas la visiter.

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Nous grimpons au dessus de la vallée d’Ouse qui nous apparaît dans toute sa dimension d’aménagement – ligne de chemin de fer, autoroute. Plus nous nous approchons de la côte et de grandes villes plus les vallées, et les collines, sont au service de la nombreuse population qui habite le sud d’Angleterre. Une fois sur la crête et après une marche de quelques kilomètres nous apercevons Newhaven, la ville portuaire où nous arrivons en ferry depuis Dieppe. Nous avons parcouru à pieds la distance que nous faisons habituellement en voiture – entre le port de Newhaven et l’école de #Brockwood Park à Bramdean, où étudie notre fils.

Le temps en haut est toujours venté et un léger crachin nous arrose de temps en temps. Parfois nous avons du mal à marcher droit, tellement le vent nous pousse. Notre parcours du jour compte 15km et nous arrivons vers 15h30 à Alfriston, village d’une carte postale comme l’a appelé Irène, et le seul véritablement traversé par le chemin principal des South Downs.

Le soir, sortis pour trouver un lieu pour nous restaurer, nous rencontrons devant un des pubs K. de Guernsey que nous avons déjà croisé sur le chemin plusieurs fois. Nous échangeons de nos nouvelles du parcours… et nous finissons à la même table. Nous passons une superbe soirée à nous raconter nos tranches de vie, échanger sur notre façon de voir les choses, sur la politique de nos pays, notre travail. Avec le vœu d’une bonne nuit nous nous souhaitons de bien arriver au bout du parcours – c’est demain ! Nous ne nous reverrons peut être pas mais l’important  est que nous avons passé un bon moment ensemble, rapprochés par la langue commune.

Jour 9

Et voici le dernier jour de notre parcours. Nous avons 20km de marche jusqu’à Eastbourne et il y a deux trajets possibles – par la côte, sur les falaises ou par l’intérieur du pays, sur les collines. Nous choisissons les falaises. Au départ le chemin passe par des endroits vallonnés, dans des hameaux et dans des bosquets. Nous croisons de nouveaux des promeneurs de chiens en nombre important. Ensuite nous arrivons près de la côte sur la pleine de Cuckmere, anciens marais salants avec la rivière qui serpente gracieusement jusqu’à la mer. C’est là que nous montons sur les falaises. Une fois en haut la vue est époustouflante. Les couleurs dominent – le blanc du calcaire, le vert de l’herbe, le turquoise de la mer, le bleu du ciel.

Le soleil illumine notre parcours. C’est sportif – les dénivelés entre les falaises nous donnent vite mal aux genoux. La brise de la mer adoucit l’ardeur du soleil sur notre peau. L’endroit est magnifique mais fréquenté et pour la première fois nous nous retrouvons avec d’autres nationalités. De ce parcours je me rappellerai de la jolie pensée qui m’accompagnait – ‘Tout passe, tout change’ ; l’instant difficile est juste un instant qui fait place à la joie d’être en vie et capable de marcher,     la douleur disparaît suite au repos ou même suite à la cible que prend le mental. Dans un café où nous nous arrêtons, sur un des points culminants, j’aperçois une excursion de personnes âges à béquilles et en fauteuils roulants. Je ressens ma chance, ma joie de pouvoir marcher libre, et malgré les jambes qui me font mal je me sens heureuse et pleine de gratitude.

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En fin de journée Eastbourne se profile sur l’horizon et c’est intéressant de voir cette ville d’abord du vol d’oiseau – un amas chaotique de maisons de couleurs, la jetée, la plage. Nous découvrons en bas que l’architecture est soignée, les bords de la plage chargés de plantes exotiques et la promenade fait le bonheur des promeneurs. Question de point de vue.

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Et nous, nous sommes arrivés au but de notre parcours avec une légèreté dans le cœur de l’avoir fait, d’avoir pu accomplir le défi de presque 100 miles à pieds (environ 150km), d’avoir trouvé le calme et le bonheur à deux, en marchant et dans la simplicité du quotidien. Des vacances qui font du bien – écologiquement correctes et pas loin de chez nous.

Pour préparer le parcours de South Downs nous avons utilisé le site : https://www.nationaltrail.co.uk/south-downs-way. Il permettait de bien tracer l’intinéraire et donnait des exemples de hébergements possibles sur chaque étape. Nous avons utilisé également le site d’Airbnb et avons opté pour la réservation préalable après chaque tranche. Il nous a toujours été facile de nous restaurer autour de nos lieux d’hébergement. Les pubs en Angleterre sont nombreux et font partie du décor des villages. Et on y mange pas si mal que ça – parole d’une végétarienne 😉

L’accueil des Angalais a été chaleureux, gentil, intéressé. L’Angleterre est un pays où nous reviendrons avec plaisir.

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