Drôle de hanami

    La preuve si tangible que le passé appartient au passé et le présent est en perpétuelle évolution. L’année dernière à cette date, sereine et heureuse, j’intégrais les valeurs spirituelles pratiques et le style de vie détaché des Indiens. Aujourd’hui je me discipline pour mettre en place ces appuis dans mon contexte occidental ; le yoga quotidien, la méditation, la foi inébranlable, le partage et la transmission de l’énergie de bienveillance et de guérison, nettoyage de mon énergie. Face à face avec moi même, avec mes inquiétudes, mes questionnements, mes imperfections, mes révoltes. Le temps de l’épreuve des enseignements est arrivé tellement vite.

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Je ferme mes yeux. Des images passent sur mon écran intérieur. En voilà une, distincte. L’entrée du temple Shintoïste Meiji Jingu à Tokyo. Escortés, sur notre demande, par un groupe de jeunes Japonais avec leur prof souhaitant un contact occidental pour peaufiner leur anglais. Nous nous préparons pour le rituel de la purification par l’eau. Nos guides sont adorables dans leur politesse, gentillesse et explications. L’art d’être Japonais – tranquille, détaché, sincère, léger, avenant. Tout cela crée une ambiance de joie posée, de calme, de bien être et ensuite un souvenir de qualité, limpide et encré malgré les deux ans qui se sont écoulés depuis. Je ressens l’énergie de chaque membre du petit groupe, je vois clairement les traits de leurs visages, leur façon de parler, de chercher leurs mots et les prononcer avec une intonation dû à leur langue. Je me vois moi aussi, à leur prêter l’attention, à m’étonner de leur tournure, à me demander si je peux m’avancer, au-delà des politesses, avec les questions qui me brulent les lèvres. L’art d’être une occidentale au Japon et de restreindre sa curiosité.

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Deux ans plus tard la télévision commente la propagation lente du covid19 au Japon pour cause du port des masques, des salutations distantes et pour manque du contact corporel direct. Et le Japon me manque.

Ce matin, en rangeant un tiroir de cuisine,  je tombe sur un sachet de café instantané en filtre que nous a été servi dans notre Airbnb à Hiroshima. Un souvenir collecté pour déguster plus tard et finalement oublié. Je tente l’expérience pour ma pause dans le rangement. Le café est périmé depuis deux ans mais il sent toujours bon. J’installe le filtre astucieux sur mon mug et verse l’eau bouillante sur la poudre. L’odeur d’un café corsé se répand autour. Le liquide dans mon mug a la couleur foncée. Un nuage de crème, un sucre et je déguste. C’est bon, c’est réconfortant et énergisant. Impossible de savoir quel mélange je bois – le sachet d’emballage exhale uniquement des kanji. Je nourris mes souvenirs du voyage avec une énergie matérialisée qui renforce la perception du passé. Le passé qui surgit en tant que le moment présent. La boucle est bouclée.
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