En confinement

La maison sent le pain frais. Il n’y a plus de levure de boulangerie dans notre épicerie locale mais, on le sait, le pain au levain naturel a plus de goût.

Pendant que j’écris mon Spotify diffuse ‘La fille d’Ipanema’ de João et Astrud Gilberto, de quoi m’emporter vers mes souvenirs du voyage à Rio. En plus, mon planning journalier en ce moment ressemble bien au rythme de bossa nova. Mais mes pensées sont préoccupées par d’autres horizons.

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La journée a commencé d’une manière spéciale. Première chose – un sms de mon fils et sa compagne les annonçant bien arrivés depuis l’Australie.  Après maintes et vaines tentatives de rapatriement les voilà en France. Un grand soulagement. Je contemple leur selfie aux visages masqués par le matériel digne des ouvriers d’un chantier de démolition. Quelle adaptation les attend à présent dans leur pays natal tellement méconnaissable.

J’ausculte les nouvelles. Parmi elles – l’annonce de l’anniversaire d’une personne disparue, une figure de la deuxième décade de ma vie. Je la revois tout d’un coup dans un flux d’images de mon passé, je ressens sa présence presque tangible. Elle n’était pas une figure du premier rang à l’époque mais elle avait une place définie dans ma réalité. Il y flottait un voile de magie et de charme autour de son être. En feuilletant les pages de ma vie j’aperçois subitement un fil d’Ariane, qui, reliant des événements de ma vie aux autres, lui donne un rôle crucial. En approfondissant mon analyse, je touche non seulement les détails de faits concrets mais également ce qui compte le plus – l’expression d’une humanité  profonde et tellement naturelle. Et un chapelet de vertus que j’essaie d’incarner dans ma vie présente.  Comment une personne rencontrée, disons ‘par hasard des événements’ peut marquer votre vie sans une action délibérée ? Comment son souvenir peut disparaître de votre vie de tous les jours mais son ombre se matérialiser dans maintes expressions de votre existence ? La finesse d’un lien qui n’a pas de présence matérielle mais qui révèle un émoi langoureux lorsque sa mémoire se revient.

Mes réflexions me font soudainement prendre conscience du mappage des connexions de valeur et d’inspiration dans ma vie.  Et de toutes celles qui, passées inaperçues, ont composé le conglomérat de mon existence. Dans quelle mesure suis-je encore ‘moi’ alors que je suis la cible criblée des impacts des autres ? Et quel est l’impact que je laisse, j’ai laissé sur la trame des personnes rencontrées ? J’arrive ainsi à ce mystérieux UN que nous représentons tous, tels les points d’étoiles et de planètes dans l’Univers lesquels reliés d’une ligne imaginaire forment des galaxies, des amas et des constellations.  

La slow life de confinement ouvre grand l’espace-temps. A nous de le remplir de tout ce que nous voulons et de nous permettre un voyage à travers notre vie, pour des retrouvailles avec des ambiances perdues. À notre santé, à notre maturation !

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