La Corse, cette magnifique

                         ‘Partout où tu passes tu laisses une trace, et une empreinte sur toi. ‘

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La ligne d’horizon est lointaine et plate. Et il n’y a rien en vue.

Après le Koh Tao (Thaïlande) [https://voyageatraverslesambiances.wordpress.com/2016/12/27/noel-en-thailande], Ilha Grande (Brésil) [https://voyageatraverslesambiances.wordpress.com/2016/12/22/une-place-au-paradis/ et https://voyageatraverslesambiances.wordpress.com/2016/11/30/les-etoiles ], la Réunion [https://voyageatraverslesambiances.wordpress.com/2017/11/11/la-reunion-lile-de-couleurs-en-images/ ], les îles japonaises [https://voyageatraverslesambiances.wordpress.com/2018/04/29/le-japon-tokyo/ et https://voyageatraverslesambiances.wordpress.com/2018/06/12/le-kokoro-et-la-norme] et enfin la Grande Bretagne – mais celle-ci ne compte pas car un pays entier à elle même- je découvre une nouvelle île – la Corse.                                                                                           Nous sommes en juillet 2020 et le covid19 a esquissé une barrière naturelle autour de l’île freinant les masses de touristes. Tant mieux pour nous.

Nous commençons nos explorations un matin au lever du soleil à Ajaccio, en descendant du bateau directement au centre de la capitale corse. Ajaccio a l’heure si matinale ; les premiers rayons de soleil relevant les façades colorées des bâtiments ne peuvent que rajouter du charme à cette nouvelle destination. Le marché de dimanche y déverse ses couleurs, ses formes et ses senteurs locales. La richesse de l’agriculture corse – des pêches, des abricots, des pastèques énormes et bien bronzées, des fleurs de courgettes et les courgettes elles-mêmes, des tomates robustes, une variété de fromages de brebis et de chèvre à faire pâlir les meilleures fromageries du continent. Les premières impressions du nouveau voyage ont toujours été les plus importantes et les plus profondes. Nous sommes conquis avant même de bien commencer celui-ci.

Je remarque vite que la population des anciens a l’air bien conservée. Peu d’obèses. Les gens semblent comme de vieux arbres – secs mais robustes, endurcis par les travers de la vie comme par les vents, ne se laissant pas abattre. J’aime cette image. Elle me parle de ce pays. Plus tard je trouverais dans mes lectures que le pays a été éprouvé par l’histoire et par les conquêtes des étrangers, que le chômage y est le plus fort pour la France métropolitaine, que la Corse a une économie très typée : peu d’industrie, une agriculture faible et un poids important du tourisme, de l’administration et de la construction. Comme partout ailleurs – ce n’est pas facile la vie sur une île, la plus paradisiaque soit-elle. Et ces travers de vie s’incrustent tellement dans les traits des gens que je croise ensuite – le calme, le retenu, n’y peuvent rien. Leurs visages exhibent les duretés passées, la force intérieure bien enracinée mais dévastatrice à long terme. Nulle présence de la zénitude thaïe ou de la romantique brésilienne. Le climat y ajoute sa donne – il faut travailler le plus quand il fait chaud et sec.

En visitant la vieille ville je croise la cathédrale Santa Maria Assunta et j’y m’attarde. C’est une belle cathédrale baroque, aux énergies douces mais bien présentes. Le Christ crucifié n’y se trouve pas à la place centrale, au cœur du cœur. La place centrale est réservée à la Sainte Marie et cette image me réconcilie avec le lieu. Je préfère les images des saints aux visions de la crucifixion. Je remarque tout de même La Croix sur un autel de droite et une vision de vie étant La Croix à porter m’apparaît subitement. Je sens que la foi en Corse a été et, peut être, est toujours forte et profonde, telle un bouclier envers et contre cette vie-croix à porter, ce destin à affronter, à s’y mesurer avec humilité.

Je découvrirai plus tard, lors de mon voyage, des traces des pratiques chrétiennes que je ressentirais comme étonnamment engagées et purificatrices.

Une statue grandeur nature de Christ près de l’autel droit m’émeut. Je me place de façon à avoir ses yeux dans mes yeux et je contemple son expression. Je ressens tant de bonté et de bienveillance, tant d’ouverture ou tant de manque d’armure de la part de l’homme représenté. Je suis, tout d’un coup, confrontée, par retour et par contraste, à la cruauté du monde et à son expression en chacun de nous. A la cruauté qui lui a été infligée en retour de son message et de sa vision de la vie. Ces quelques minutes profondes marqueront, je le sens, mon attachement à la Corse et à ce que je vais y vivre.

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D’Ajaccio nos pas nous mènent vers l’Est et les plages les plus pittoresques près de Porto-Vecchio. Nous nous installons pour une semaine dans un camping à la ferme d’Alzetta, en biodynamie, à Muratello. Le terrain de camping est chouette – ombragé à souhait, naturel et propre. Nous plantons nos tentes sous les énormes pins et chênes liège sur un tapis d’aiguilles. Le robinet d’eau à proximité débite une eau douce de forage, sans une trace de chlore.

Le soleil et la chaleur sont là bien sûr. Nos journées sont ponctuées de visites des villes alentours – Porto Vecchio et Bonifacio et des plages les plus pittoresques – Palombaggia (rochers et pins), Santa Giulia (l’eau de teintes en dégradé – couleur de lagon, azur, aqua marine), Pinarello (bordée d’une forêt de pins)… La profondeur du bleu qui s’offre en spectacle à chaque approche d’une plage est éblouissante. La posidonie joue bien son rôle.  L’eau est transparente et chaude. Par ci par là on peut voir des poissons nager et, si on reste tranquillement sans bouger, s’approcher. C’est le monde des îles – merveilleux et … sans pitié à la fois.

Le comble d’émerveillement est notre croisière sur les îles Lavezzi au large de Bonifacio. Nous choisissons la croisière no2 – le déplacement vers les îles avec un séjour d’une longueur indéterminée jusqu’au dernier bateau à 18h30. Puis, au retour, une visite, à partir de l’eau, des îles et des calanques proches de Bonifacio. Les îles Lavezzi sont un paradis sans ombre, semé de roches arrondies par l’eau et le vent. Un paradis difficile – pas d’eau potable, végétation du maquis, pas d’arbres, pas d’ombre et chaleur torride. Mais les quelques plages bordant les îles offrent l’eau pure et transparente, peuplée de poissons qui n’ont pas peur d’approcher l’homme. Nul besoin de snorkeling- il suffit d’approcher la tête vers l’eau pour observer la vie qui s’y meuve. Le sable est fait de débris grossiers de coquillage. Il me fait penser à la Bulgarie et la Mer Noire et cela m’étonne car la dernière fois j’y ai voyagé quand j’avais 15 ans. Dans quel repli de ma mémoire cette image s’est-elle préservée ?

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Îles Lavezzi au large de Bonifacio -l’extrémité sud de la France métropolitaine et le dernier bastion de la vie sauvage. Magique. Le kif de la journée – nager avec les poissons dans une eau limpide et chaude.

Voici l’avant dernier soir dans la région est et sud-est et un moment très apprécié – un apéritif olfactif (et gustatif) avec Stéphane Rogliano sur le site des Serres de Ferrucio. Nous avons fait connaissance avec les plantes sauvages comestibles corses, utilisées comme aromates (par exemple la myrte, la menthe nepita, l’hysope). Stéphane Rogliano partage bien sa passion et ses connaissances des plantes. Ses plantes corses cultivées sont savoureuses et les mélanges préparés – des bouquets olfactifs. Dommage qu’il n’avait plus de places pour sa ‘balade avec un nez’. Mon intérêt pour les plantes corses s’enracinera à travers cette présentation. Je porterai mon attention sur l’hélichryse italienne (l’immortelle) qui pousse de façon sauvage et est également cultivée en Corse pour produire une huile essentielle à rajouter à sa pharmacie. L’huile essentielle d’hélichryse peut être utilisée pure et agit sur les problèmes de peau, des éruptions, des hématomes. Son action est puissante et l’huile corse est considérée comme la plus riche en propriétés actives parmi les huiles essentielles d’immortelle commercialisées. Nous repartirions de Corse avec une fiole trouvée chez Naturellement (Avenue Fesch) à Ajaccio. La propriétaire de cette boutique nous a fait sentir la différence entre les deux marques corses qui proposent l’huile essentielle d’immortelle (sauvage et en mélange – sauvage et cultivée) et nous a renseignés sur les différences entre les productions corses et celles provenant d’autres pays. Nous étions sensibles et dédiés à acheter des produits corses aussi par soutien à ce département français et dans cet achat nous étions doublement satisfaits puisque la pureté corse a trouvé son expression dans un produit mieux notés que d’autres. Reste à tester son efficacité.
Nous avons pu voir la pousse de l’hélichryse lors de notre randonnée à Bavella. Des champs tachés de jaune or, très pittoresques sur le fond gris de la pierre et vert de la végétation. Le ramassage de l’hélichryse sauvage est interdit en Corse.

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Suis-je en Italie ou ailleurs ? Architecture niçoise, façades délabrées, tombant en ruine, volets vénitiens cassés. En plein centre ville les gens sur des chaises dans la rue par un après-midi chaud d’été. Corte. Petite Italie. Voilà le changement du décor. Nous avons quitté le sud est de l’île pour le centre – montagneux, sauvage, rude, vertigineux, impressionnant. Corte – da capitale, à fait une double impression sur moi – au départ celle d’austérité, de délabrement, de nonchalance. Puis, quand j’ai pu m’ont approcher j’ai découvert une ville à plusieurs facettes, avec des endroits mignons, cachés, colorés et aussi des lieux dynamiques et intéressants comme la citadelle, le Musée de la Corse, l’espace des expositions et de programmes culturelles.

 


Voici cette balade à Corte pleine de découvertes de lieux pittoresques, subtils, nichés dans la vieille ville. A la recherche d’ombre et de la fraîcheur. J’ai aussi apprécié les passages entre, sous les bâtiments, permettant des couloirs d’air et des courants. La magie de cette ville.

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A partir de Pinello commence la montée paysagère. La route est sinueuse et creusée sur le flanc de la montagne.  La route a cent virages. Alors quand des paysages vertigineux se déploient sur ma droite et que je préfère d’être à la place du passager, je note des passages-clés ; un dépôt d’objets métalliques, l’entrée de la ferme ‘Mon rêve’, une grue pliée abandonnée sur le côté de la route, l’olivier a une couronne énorme. Combien de fois faut-il parcourir cette traversée Corte-Erbajolo pour s’en lasser ?

A Erbajolo (Erbaghjolu) la vie est lente et elle paraît douce. Pas de commerce d’épicerie mais un bureau de poste, l’église et deux bars. Les enfants parcourent joyeusement ce village au creux de la montagne à vélo, de haut en bas et l’inverse. Quand nous arrivons à notre gîte ils nous accueillent avec des cris ‘les touristes, les touristes !’. Le soir ils sont sur la place de village à jouer encore à 23h pendant que leurs parents discutent sur la terrasse du bar. Les gens se parlent et nous parlent quand on se croise. Il y a au moins un bonjour et un signe de tête et le regard. On se regarde.

Aujourd’hui c’est la vallée – longue et belle- de la Restonica et une randonnée sportive vers le lac Melu. Parfums résineux et eau pure en abondance. Montagne splendide. Perspective vertigineuse. Et pas mal de randonneurs. Être en contact avec cette nature grandiose et sauvage me procure un calme et une sensation de plénitude. Je marche à mon rythme, je croise des randonneurs de divers pays, on échange des regards et des bonjours mais tout le temps je suis avec moi-même, centrée sur mes ressentis et ma respiration. Parfois c’est dur et je peine physiquement et je me fixe sur les environs et la beauté de ce lieu escarpé, fier et majestueux. Parfois je saute comme un chamois sur des roches larges et plates, et je me sens forte d’avancer et en gratitude de pouvoir le faire, d’avoir la capacité de le faire. L’épreuve des chaînes, des échelles et voilà que le lac se présente comme une surface immaculée, un œil au centre de cirque de beauté. Le réservoir d’eau potable pour la ville bien loin, au creux de la vallée. Une très belle émission d’Echappées belles d’automne 2019 “La Corse gourmande” a été consacrée à cette région, à cet endroit et aux productions typiques qu’on y retrouve.

Le soir, avant de rentrer dans notre gîte à Erbajolo nous faisons des emplettes pour un repas corse : chaussons aux herbes (et blettes), salade à l’oignon Sisco (énorme oignon doux), frittellis (beignets farcis) au brocciu (fromage frais de chèvre) et brocciu à la confiture en dessert (de la fromagerie de Claire en haut de la vallée de la Restonica, c’est elle que nous avons vue dans les Échappées belles sur la Corse gourmande en automne dernier).

Je me sens comme au fin fond de l’Ardèche ; des châtaigniers partout, chaleur écrasante, des petites fermes semées au creux de la montagne, une cour d’eau qui chante et qui sautille … mais… il y a un train ! Nous sommes au Col de Vizzavona, à randonner en attendant nos gars qui font du canyoning … 

Et une autre belle randonnée corse. Comme je l’avais imaginée – montagne sèche et brûlante, châtaigniers, pins, chênes, arbousiers, oliviers puis le maquis. Jasmin sauvage à profusion. Animaux sauvages (sangliers) et semi- sauvages (chèvres et cochons en liberté perdus dans la nature). Hameaux et village abandonnés. Notre rencontre avec la vie d’avant et réminiscences du Lot et de la Provence. Un parcours fléché et commenté autour d’Erbajolo. Marcher dans le maquis, s’y repérer – tout une épreuve. Je recommande. Mais 30°C à 800m d’altitude c’est beaucoup !

Pendant que mes hommes pédalent autour de Corte dans la chaleur accablante- puisse le ciel leur envoyer quelques nuages – je visite la ville et le Musée de la Corse (Museu di a Corsica). Je retrouve ces gens qui ont habité le village et hameaux abandonnés, vus hier. Je m’approche de leur culture et de leur style de vie. Combien cette île a été destination des esprits conquérants et d’âmes chercheuses. Combien les autochtones ont élaboré une culture autonome et persistante. L’artisanat s’est développé à partir de la maîtrise de la fabrication des objets et d’outils qui rendait la vie quotidienne plus facile. La créativité, l’expression de sa particularité ont sans doute été une bonne motivation. La coutellerie corse est encore aujourd’hui une marque de l’île. Les productions vivrières ont dépassé leur destination et sont à présent vendues aussi sur continent. L’industrie ? Dans la section ‘Industrie corse’ du Musée de la Corse on trouve une place pour l’entreprise de spiritueux Mattei et une autre pour la transformation de la châtaigne.  Dites-vous que la Corse est véritablement propre et en grande partie sauvage.

Dans nos activités de montagne nous avons été très bien guidés et encadrés par l’équipe de Alti Shop (Altipiani pl. Paoli) à Corté pour canyoning, escalade et parcours avec I-vélos. Un commerce en service le dimanche, pour la grande satisfaction des touristes en recherche des infos sur la région et sur les activités. Un accueil sympa- décontracté et souriant. Merci beaucoup à eux 😊Nous ne pouvons que les recommander pour une meilleure approche de la région.

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Nous sommes réveillés par des bruits de tiraillements, de déplacement. J’ai l’impression que ça vient de l’étage – comme si quelqu’un passait l’aspirateur. Mais il n’y a pas de bruit de moteur. Puis ce bruit s’accompagne comme d’un toussotement, d’air relâché trop vite et avec force. Je tends l’oreille. Et finalement le son d’une cloche. Ahhhh mais il y a une vache qui broute dehors ! Dans le village et autour d’Erbajolo les vaches se promènent en liberté. Ambiance d’il y a un siècle – vaches, cochons, chèvres libres dans la nature, qui mènent leur vie et rentrent quand c’est le moment. Y ajoutons des sangliers, visibles même en journée. Et la vie lente et douce qui s’écoule en suivant le soleil et son ardeur. La Corse me rappelle la Provence ; les villages perdus de vue, la vie qui ne cherche pas la modernité, les traditions qui persistent et qui soulignent le caractère des hommes.

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L’eau sent bon. L’eau est pure, transparente. Elle paraît fraîche quand on y entre. Vite elle devient tiède comme si nos corps la réchauffaient. Le cours d’eau emporte les pensées, son bruit – distrait, dérange parfois. Eau vive – un terme si juste pour décrire les rivières en Corse.                                                                                                                               Les gorges de Tavagniano semblent davantage connues des locaux. Les touristes préfèrent peut être la Restonica.

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Il m’a dit que son fils a fait des études dans notre région. Il a dit d’un sérieux qu’il la connaissant bien. J’ai ressenti un souci. Puis il est parti dans les détails ; le voyage depuis la Corse, une première série d’examens et les doutes du jeune. Et subitement un déroulement heureux et beaucoup d’espoir. J’ai ressenti sa fierté quand il a parlé des résultats de son fils et de ses capacités. Il est resté grave. Il m’a dit qu’ensuite son jeune a changé de ville et d’études ’jusqu’à ce que je lui coupe les vivres’. J’ai ressenti un choc et ai-je questionné : ‘Vraiment ?’ Il a continué avec gravité exprimant sa déception, la déception d’un parent face à son enfant, la déception de sa fierté, le manque de respect face à ses efforts d’un père. Je suis restée perplexe. Je n’ai pu sortir une blague sur les motivations personnelles, les pommes qui tombent loin des pommiers, les chiens qui font des chats … Je suis restée touchée et impuissant témoin d’une relation à la dure et, peut-être, sans échange cœur à cœur. Il a conclu qu’aujourd’hui tout va bien pour son gamin mais qu’il reste sans diplôme… tant espéré.

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La rencontre avec des animaux sauvages ou semi sauvages fait partie de l’expérience corse. Après sangliers, cochons, vaches, chèvres les jours précédents hier nous avons croisés plusieurs fois des cochons et même un … sanglochon. Leur odorat extraordinaire les a probablement dirigés vers notre lieu de pique-nique et nous avons pu les observer en action de repérages de miettes, noyaux etc que nous leurs avons jetés (meilleur nez que la vue !). En tout cas, après premières hésitations, nous avons constaté qu’ils avaient plutôt peur de nous et que c’est leur gloutonnerie qui leur donnait du courage pour nous approcher. Décidément ‘année cochonne’ pour nous, avec les quelques visites récentes du cochon des voisins à la maison.

Cette fin d’après-midi nous sommes allés chercher de la fraîcheur dans les Gorges de Spelunca. Quel chouette endroit. Rien à voir avec ‘spelunka’* polonaise ☺️ Nous avons randonné un moment espérant trouver un vieux pont génois mais il ne s’est pas montré. Les hommes ont voulu continuer de grimper par la rivière. C’était trop périlleux à mon goût. Je me suis assise avec ma lecture les pieds dans l’eau en les attendant. Au retour nos jeunes ont raconté qu’ils sont passés comme dans une petite grotte creusée par la rivière et que c’était super. Pour rentrer vers la voiture nous nous sommes mélangés les pinceaux, n’avons pas trouvé le chemin et avions fini par le lit de Spelunca en sautant comme des cabris d’une pierre ou roche à l’autre. Cela a inspiré les jeunes à continuer jusqu’au bout même quand le chemin de rando est réapparu. Nous avons terminé la sortie par un pique-nique au bord de l’eau entourés d’une bande de moustiques affamés. J’aime bien ces activités qui s’inventent au fil de leur déroulement.

*spelunka (pol.) – lieu mal famé

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Ce midi, avant l’habituelle cure rafraîchissante aux oligo-éléments, sur la plage de Porto, nous visitons la tour génoise au centre ville. Un morceau d’histoire de la Corse – les razzïa pour capturer des esclaves (hommes, femmes ET enfants) pour le plus grand marché d’esclaves à Alger, des attaques des ‘Turcs’, des péripéties d’appartenance et enfin et toujours le difficile gagne pain de torregiani, tel était le nom de ceux qui gardaient les tours. Il existe aujourd’hui une association qui œuvre pour le traçage, la réhabilitation et la préservation de l’oubli des tours génoises en Corse. https://torregiani.fr

L’un ne va sans l’autre – la vue à 360° et notamment du grand bleu depuis la tour est extraordinaire et … imprenable. Une invitation au voyage au loin….

Nous avons fait une magnifique escapade en bateau hier vers la réserve naturelle de Scandola. C’est une espace protégée terrestre et maritime, inscrite dans le patrimoine mondial de l’UNESCO et une des espaces maritimes protégées de France. De création volcanique, à partir d’un volcan effondré, ses formes sont spectaculaires et on en trouve de semblables en Europe uniquement en Islande. La réserve est l’habitat et le lieu de reproduction de nombreuses espèces protégés. Les eaux y sont très pures, nettoyées des résidus plastiques et autres régulièrement et le mouillage strictement réglementé. Juste magnifique. C’est tellement bien que des lieux pareils existent encore.

Après la visite de Scandola et l’aperçu de Girolata aux pieds de Scandola – un village mystérieux accessible uniquement par bateau et à pieds (1h30 de marche depuis l’endroit carrossable le plus proche), nous avons fait un tour au Cappo Rosso et aux Calanches de Piana. Des créations spectaculaires ici aussi, avec des grottes et l’érosion des roches mais pas d’origine volcanique, roches composées surtout du granit rose (assez rare en France et en Europe – côtes bretonnes, Finlande) et très photogéniques en cette fin de journée. Majestueux. Plus les notes romantiques – merci #legoëlan. Nous avons également aperçu un nid énorme et son propriétaire – le balbuzard qui niche dans les Calanches et sur Scandola.

 

Nous sommes au camping aux pieds de Porto mais dans la commune d’Ota. Ce village porte bien son nom ; comme accroché haut sur la falaise de Bocca di Larata face à Porto. Il est aussi construit en étages et certaines de ses parties sont à un bon dénivelé par rapport au centre – par exemple le stade, il a fallu le chercher cet endroit plat pour le construire. Ota a beaucoup de charme. Ce n’est pas un village touristique, comme Porto, mais un typique village corse avec de grandes maisons massives accompagnées de leurs lauriers et de leurs bougainvilliers. C’est village fier de son passé, de ses trésors naturels, de son identité. L’axe principal d’Ota est tellement fin que les passants s’en sentent dérangés quand une voiture le parcourt. Le soir les habitants sortent les chaises devant leurs maisons et profitent de la fraîcheur qui commence à s’installer. Les enfants jouent à la fontaine. Il y a des clients qui attendent leur dîner sur la terrasse du Café du centre. Il y a aussi ceux qui, accrochés à leur fenêtre, nous regardent passer et se questionnent peut être à propos de notre intérêt et notre émerveillement. Un citronnier au centre du village expose la multitude de ses fruits, des micocouliers soulignent la beauté de l’église locale, un mûrier généreux charme les clients du café de ses feuilles ombrageantes.

Ota est entourée d’une magnifique oliveraie et certains arbres, qu’on voit également dans le village, sont sûrement plus que centenaires. Un sanglier solitaire parcourt la plateforme du stade vide. Il cherche son casse-croûte. Voilà c’est ça la Corse.

Et nous en rentrant hier soir de Spelunca par Ota avons rencontré ce superbe coucher de soleil sur la baie de Porto.

La veille de notre dernier jour en Corse … Mes hommes ont décidé d’aller transpirer à vélo dans les calanques. Heureusement que la canicule en Corse est en version soft comparée à celle dans d’autres départements : 34°C promis aujourd’hui. . Et moi je suis partie à la plage et j’ai choisi de nourrir mon enfant intérieur. Lors des baignades sur la plage de Porto j’ai remarqué que les poissons venaient facilement tout près et ne me quittaient pas. Comme s’ils attendaient quelque chose … Alors j’ai eu une idée. D’abord, en arrivant, après l’installation j’ai dû concasser le pain avec des pierres, tellement le climat sec de la Corse l’a durci. Les miettes dans une main, je suis allée dans l’eau, pas loin des rochers, là, où nous avons déjà vu des bandes de poissons. Je suis rentrée dans l’eau à la hauteur de mes cuisses et j’attendais. La mer était limpide, je voyais le fond et les teintes des galets multicolores, facilement reconnaissables, mais je n’ai vu aucun poisson. Je me suis rapprochée des roches. J’observais les gracieuses pirouettes que l’eau exerçait à l’endroit où elle passait sur les grosses pierres lisses. Je scrutais les vaguelettes. Personne… Après des minutes d’attente je me résignais. Tant pis. Mon plan ne marchera pas ce matin. Peut-être suis-je venue trop tôt ? J’ai décidé de nager un peu. J’ai mis la main contenant les miettes dans l’eau pour m’en libérer et en un clin d’œil il y avait des poissons autour de moi – cinq, dix, une quinzaine. Ils ont surgi de nulle part et se sont jetés sur mon pain. Un ballet gracile des verts, des gris, des bleus, des noirs. Je suis retournée m’approvisionner… Quand je suis revenue ils m’attendaient et se sont jetés goulûment sur la nourriture trempée. De plus en plus nombreux ils sautillaient vers la surface de l’eau. Une fois les miettes mangées ils ne sont pas partis mais tournaient autour de moi frénétiquement et j’ai senti les petits becs pincer mes doigts, mes jambes. J’avais l’impression d’être entrée dans un bassin à poissons. J’ai ri comme un enfant étonnée, amusée, affolée. Et puis j’ai nagé et ils m’ont suivie ! Je me suis fait des copines 😀 La mer était calme aujourd’hui et, bien entendu, chaude. Je me suis baignée longtemps, pour la dernière fois probablement cet été. J’en garderai un original souvenir.

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C’était un magnifique voyage dans la beauté et la pureté. Pas toujours facile 🥵 pas évident avec une voiture basse sur essieux et chargée, pas toujours joyeux pour ceux qui souffrent de mal de transport, de vertige … Les Corses roulent vite, fument beaucoup mais sont très polis et serviables. Les paysages sont grandioses et d’une belle diversité. Il faut du temps pour tout découvrir car … la sieste s’impose 😁Nous sommes prêts à revenir 🙏🏻

Salute ! A presto !

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